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 « L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. » [ft. So Ra]

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Im Tae Jun
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MessageSujet: « L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. » [ft. So Ra]   Mer 17 Oct - 10:39

    La succession de gouttes qui venaient brusquement se heurter au velux réveillèrent doucement Dong Soo, qui pour une énième matinée décidait de se prélasser dans son lit royal plutôt que d'étudier. Un glissement vers la gauche lui rappela qu'il n'avait pas passé la nuit seul, mais enlacé par les bras d'une bien jolie créature, à la peau douce et à l'odeur enivrante. C'était sans compter son visage bouffi et ses ronflements rythmés, réguliers, qui brisèrent cette image de princesse – que, au demeurant, Dong Soo aurait préféré garder de cette nuit d'amour. Rebuté par le baiser matinal accompagné de l'haleine matinale que la belle transformée en crapaud voulut lui donner – et que, fatalement, il accepta, parce qu'il était un vrai gentleman, voyons ! –, il changea ses plans et se leva dans la plus merveilleuse tenue ; celle d'Adam. La pudeur et les bonnes mœurs le contraignirent à enfiler le premier boxer qu'il trouvait, tandis que la jeune femme finissait d'émerger, lui demandant d'une voix enrouée s'il se levait déjà. Évidemment qu'il se levait déjà ; question stupide, réponse stupide. Mais comme nous l'avons précisé, Dong Soo est un gentleman, il n'accompagnerait jamais sa réponse du désir d'offenser une jeune femme. « - J'ai encore plein de choses à te montrer ! », ajouta-t-elle d'un air coquin qui n'inspira absolument pas Dong Soo puisqu'il se prétendit « débordé » et « pressé par le temps ». « Mais on se reverra, hein ? », répétait-elle au moins trois fois, jusqu'à obtenir du jeune homme une réponse, qui quant à lui se demandait bien pourquoi elle souhaitait tant qu'ils restent en contact. Un surplus d'alcool l'avait-il amené à mentionner son sang royal ? Soo en conclut que c'était le cas, au vu de la paire d'yeux brillants animés d'un certain intérêt rivée sur lui. « Bon, herm, comme je t'ai dit, j'ai un tas de choses à faire, alors il faudrait que tu te lèves princesse ! » , lâcha-t-il sur le ton le plus doux et conciliant qu'il pouvait. Sur ce, elle se redressa mollement, dévoilant les jolies courbes de son corps qui firent penser à Dong Soo que, même alcoolisé, il gardait de très bons goûts en matière de femmes. Cette dernière prit un marqueur qui traînait sur la table de nuit du jeune homme – qu'il avait posé là après avoir envoyé quelques cartons où sa mère avait entassé des choses superflues qu'elle jugeait « absolument nécessaires à l'établissement d'un jeune homme dans son nouvel appartement ! »- et écrivit les derniers chiffres de son numéro de téléphone sur le torse de Soo (qui, désemparé, n'osait pas la repousser et toussotait d'un air gêné), les agrémentant d'un petit cœur qui dépassait sur son cou. Elle se rhabilla finalement, enfilant la robe à la fois blanche et transparente que le brun avait trouvée si charmante. « N'oublie pas de m'appeler, mon chou ! », dit-elle enfin en claquant la porte. « Ugh, mon chou... », lâcha-t-il dans un soupir. Il retomba lourdement sur son lit, réfléchissant à ce qu'il allait faire de sa journée censée être si « chargée ». Sûrement pas de nouvelle conquête aujourd'hui. Peut-être un tour au spa pour se détendre – il connaissait des semaines si difficiles ! Mais, chaque chose en son temps. Treize heures, l'heure du petit déjeuner pour n'importe quel jeune après une soirée terminée dans la matinée. Dans un bâillement de lion, il se dirigea vers son frigo qu'il ouvrit. Un œuf, une carotte à moitié croquée, un sachet de nourriture pour chat entamé, de la viande qui laissait une odeur nauséabonde - car périmée - et, pour finir, une bouteille de jus d'orange... Vide. Désespéré par son manque d'organisation, mais surtout d'avoir renvoyé sa femme de ménage – qui faisait aussi ses courses, accessoirement –, il décida du reste qu'aller manger en ville serait une bonne alternative. Abandonnant là bouteille vide et restes périmés, Dong Soo prit une douche rapide mais bouillante, bouillante mais relaxante. Du numéro laissé par sa conquête subsistaient des traces difficiles à éliminer en une seule douche. Afin de cacher ce qui restait visible, il assortit son maillot et sa veste d'un léger foulard aux couleurs sombres avant d'enfiler un jean froissé et de sauter dans ses mocassins. Il noua ses cheveux rapidement et claqua la porte derrière lui.

    Dong Soo aimait son quartier. Il était grand, ses bâtiments semblaient anciens mais rénovés, de façon à ce qu'on n'aurait su dire de quelle époque ils dataient réellement. Il était tranquille, l'on y croisait des mères de famille et des jeunes toujours polis et bien propres sur eux. Dong Soo n'aimait pas son quartier. Les mères laissaient leurs enfants à des nounous pour aller faire les magasins toute la journée durant – les hommes d'affaire rentraient tard le soir et posaient les pieds sous la table, fiers d'avoir ramené de quoi nourrir leur famille pour des mois, des années même. Dong Soo rêvait d'un peu plus d'authenticité. Au fond, sa famille avait toujours été plus ou moins semblable au tableau qu'il dressait de son quartier, et il ne s'en était jamais réellement plaint, mais il lui arrivait de se retrouver perdu dans des rêveries où tout était plus simple. Plus simple, car dénué d'artifices et de politesses à n'en plus finir, dénué d'une forme de ségrégation qui rendait son quartier fermé et surveillé. Eh bien oui, on ne sait jamais ! Et si une petite fille bien respectable rencontrait un enfant du peuple ? La mère de Dong Soo lui avait maintes fois répété ce genre d'arguments en même temps que mises en garde ; il avait finalement été élevé loin des 98% restants de la population qui vivaient quant à eux, « normalement ». Mais Dong Soo est paradoxal, il n'envisage pas de vivre autrement que ce qu'il fait maintenant. Il n'envisage pas de se lever tôt pour travailler – il ne comprend d'ailleurs pas comment les gens peuvent faire. C'est sur ces réflexions des plus profondes que Dong Soo s'offrit le plat le plus coûteux dans le restaurant le plus coûteux, ne profitant même plus du goût de ces aliments qu'il connaissait par cœur. Mais c'est néanmoins repu qu'il en sortit et poursuivit son tour en ville qui, à cette heure de la journée, n'était ni grouillante ni vide ; certains étaient au travail, d'autres en cours; et enfin d'autres comme Dong Soo se baladaient sous un ciel non pas d'un bleu parfait comme on aurait pu s'y attendre, mais rempli de nuages lourds qui se déplaçaient au gré du vent violent, animant les feuilles des arbres. Mouaif. S'il avait su, Dong Soo ne serait pas sorti, il aurait commandé quelque chose à manger rapidement et aurait passé l'après-midi à la salle de sport ou à faire un peu de violon. Mais quitte à être en ville, autant y rester pour acheter un ou deux trucs. Le brun trouva à son goût un t-shirt noir en col V relativement près du corps ainsi qu'un petit bracelet en cuir. Pour couronner le tout, il trouva une jolie robe qu'il voulait ''offrir'' à sa mère – ''offrir'' parce qu'il l'achetait avec l'argent même de sa mère. Mais enfin, comme on dit, c'est l'intention qui compte !

    C'est en croisant un étudiant livre à la main – que Dong Soo dut éviter car il avait les yeux rivés sur les pages de son livre – que le brun songea à faire un tour à l'université. Il y était allé une ou deux fois, histoire de voir un peu de quoi il s'agissait. Cet endroit l'intriguait. Quelque part, il se disait que s'il y était, comme tout autre étudiant, il pourrait se faire de nombreux amis, passer des soirées à boire non pas seul ou seulement accompagné d'une jolie jeune femme, mais entouré de jeunes souriants profitant de leur soirée. Mais sa mère tenait à ce que ses études soient dirigées par les meilleurs professeurs possibles, dans les meilleures conditions possibles – bref, des professeurs particuliers payés grassement par la famille Kim. Avec ses quelques sacs de course à la main, Dong Soo arrêta un taxi qui l'emmena à l'université. Il en descendit avec une pointe d'appréhension mêlée à une certaine excitation. Voir tous ces étudiants lui faisait prendre conscience de la situation dans laquelle il était – une situation évidemment privilégiée mais qui l'isolait par dessus tout. Il avançait d'un pas lent dans le parc qui entourait l'université quand il sentit une goutte tombant sur son visage. Super, maintenant, il se mettait à pleuvoir, et de plus en plus fort. Il se mit à courir en cherchant l'entrée de l'université pour se protéger de la pluie quand il heurta ce qui semblait être quelqu'un. Et en effet, au sol se trouvait une jeune femme – une jolie blonde les fesses dans la terre qui se transformait peu à peu en gadoue. Complètement désolé par son geste malvenu, Dong Soo laissa ses sacs tomber par terre et releva d'une traite la jeune fille avant d'enlever sa veste pour la mettre au dessus de sa tête, lui disant par là même : « Nooon! Désolé mademoiselle, désolé, désolé, désolé ! On va s'abriter, et je vous promets de trouver de quoi me faire pardonner ! ». Sur ces mots maladroits, il ramassa ce qui était tombé par terre avec la jeune fille – quelques affaires qui devaient lui appartenir - ainsi que ses sacs de course.
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Hwang So Ra
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MessageSujet: Re: « L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. » [ft. So Ra]   Mer 17 Oct - 21:03

Il faisait presque jour lorsque So Ra s'étira lentement en repoussant la masse informe de couverture qui se trouvait sur son lit. Presque. Comme tous les matins, la jeune fille se levait tôt pour plusieurs raisons dans lesquelles elle seule réussissait à trouver un sens. Bien sûr, cela n'avait rien d'inquiétant, vu que c'était pareil pour presque tout. Elle sortit donc de son lit après avoir enfilé une paire de chaussons rose bonbon pour aller ouvrir la fenêtre. Chaque jour avait beau se ressembler dès le moment où elle se réveillait, elle aimait bien ce genre de moment où elle voyait le soleil se levait sans jamais comprendre réellement pourquoi. Ça lui donnait simplement l'impression d'être forte, même d'être la reine du monde. Bien sûr, si quelqu'un avait compris quoi que ce soit à ce rituel matinal, il l'aurait sûrement empêché de se lever à une heure pareille, sûrement à coup de somnifère dans son verre, parce qu'encourager So Ra dans ses idées complètement folles ce n'était pas une bonne chose du tout. Elle s'était assise à la fenêtre pour mieux regarder dehors. Il y avait des nuages qui laissaient la mauvaise impression qu'il allait pleuvoir dans la journée. Un jour de pluie, c'est triste, sauf pour la blonde. D'après elle, il y a toujours un bon côté à chaque chose. Et là, ce n'est pas une philosophie de vie bizarre qu'elle a trouvée pour embêter son entourage. Non, c'est plutôt la possibilité de mettre une magnifique paire de bottes verte fluo que son père lui a achetée la semaine dernière lors de sa dernière crise. À cette idée, elle fonça sous sa douche, histoire de commencer à se préparer pour ce qui s’apprêtait à être une longue journée. De toute façon, elles étaient toujours trop longues quand elle devait perdre de nombreuses heures enfermée dans les murs du lycée. Elle prit ensuite un certain plaisir à choisir sa tenue du jour, une tablette de chocolat à la main, autant dire, son unique petit-déjeuner. Mais voilà, c'était une manie qu'elle avait prise. Et puis, son père avait accepté parce que le chocolat est censé calmer les personnes stressées. Bien sûr, ça n'avait aucune influence sur le caractère explosif de sa fille.

Après s'être habillée d'une salopette noire, de collants roses assortis à ses bottes spéciales pluie adorée, elle se dirigea vers son coin à poupées. Bien sûr, c'était totalement bizarre qu'une lycéenne de seize ans y accorde autant d'importance, mais certains matins, So Ra aimait bien jouer avec. C'était, elle le croyait, le cas ce jour-là. Mais dix minutes plus tard et une poupée cassée en plus, elle se rendit vite compte que ça l'ennuyait totalement. Alors que faire ? Aller réclamer une autre poupée à son père lui paraissait une bonne idée. En plus, ça faisait longtemps qu'il ne lui en avait pas acheté. Elle jeta donc la poupée à la poubelle avant de se diriger vers le salon où son père devait être en train de prendre son café, prête à lui annoncer le nouvel achat qu'il devait effectuer. Parce que oui, c'était aussi simple que ça. Les scénarios du genre « Papa, achète-moi ça tout de suite » c'est censé marcher que dans les films pour faire rêver n'importe quel enfant assez bête pour croire que ça existe. Sauf que So Ra ne vivait pas dans un film et pourtant, elle obtenait plein de choses de cette façon-là. Autant dire que quand elle arriva pour lui demander une nouvelle poupée, il n'osa pas refuser et appliqua la règle numéro une de la survie dans la famille Hwang, c'est-à-dire ne jamais dire non à la petite blonde qui lui servait de fille. Et pour le moment, il s'en tirait vraiment bien de cette façon. L'acquisition de sa nouvelle poupée ayant été programmée, elle alla chercher son sac dans sa chambre, avant d'attraper une nouvelle tablette de chocolat dans laquelle elle croqua immédiatement. Il était l'heure d'aller en cours, quelle horreur. Oui, le mot définissait bien ce qu'elle pensait de son lycée où les gens priaient pour qu'elle devienne normale. Les pauvres, ils rêvaient totalement sans s'en rendre compte. En fait, elle avait presque pitié pour eux. Enfin, ça serait le cas si elle se mettait à s'intéresser sérieusement à quelqu'un d'autre qu'elle.

Au bout de trois heures à être enfermée dans cette prison de malheur, So Ra en avait déjà marre. Toute cette sévérité et ces règles trop strictes juraient extrêmement avec sa façon de conceptualiser les choses. Alors, comme tous les jours, elle s'était mise en tête de faire un joli dessin au lieu d'écouter le cours en attendant que l'heure de sa libération arrive. Puis quinze heure arriva. Après avoir eu à supporter les conversations totalement dénuées de sens de ses soi-disant amies et avoir rempli au moins trois pages de carnet de dessins, aussi appelé mon cahier de cours, elle était libre de faire ce qu'elle voulait. Enfin, ce n'était pas trop tôt. Elle réfléchit quelques minutes à savoir ce qu'elle allait faire, ignorant totalement une fille qui lui adressa la parole vu qu'elle se fichait de sa personne. Elle prit donc la direction de l'université. En fait, il y avait deux avantages à cet endroit. Déjà, ce n'était pas trop loin du lycée, et vu la pluie et le fait que la jeune fille n'aimait pas particulièrement marcher, c'était une très bonne chose. Ensuite, elle aimait bien les étudiants là-bas, surtout ceux en arts. C'était compréhensible. Sa personne était une vraie œuvre d'art, juste en existant. Ils ne pouvaient que s'entendre. Puis, en réalité, elle les faisait sûrement rire. C'est rare de voir une fille autant bizarre de nos jours. Elle marchait donc tranquillement en sautant dans les flaques quand elle en croisait une, au risque de salir ses collants roses. Mais au moins, ses bottes profitaient du temps, ce qui était quand même le but recherché. Et de toute façon, jouer dans la pluie comme une gamine de huit ans, c'était une de ses plus grandes spécialités et elle ne raterait pour rien au monde une occasion de faire profiter aux gens de ses talents cachés.

Sans qu'elle ait eu le temps de comprendre quoi que ce soit, So Ra se retrouva à terre. Elle regarda rapidement autour d'elle pour remarquer que c'était un mec bizarre qu'elle n'avait jamais vu qui était la cause de cette chute improvisée, et par extension de l'état actuelle sa salopette préférée, c'est-à-dire sale. Pleine d'un mélange de terre et d'eau. Vraiment, si elle avait su qu'elle tomberait sur un pareil pas doué, elle aurait mis un imperméable. Le problème c'est que le seul qu'elle avait été bleu. Il faudrait qu'elle pense à demander à son père de lui en acheter un nouveau. Oui, voilà ce qu'elle devait faire. Le jeune homme qui l'aida à se relever la sortit alors de ses pensées. Grosse erreur. Il ne le savait pas encore, mais il aurait dû la laisser à terre et partir en courant le plus loin possible. On ne faisait pas tomber So Ra sans que les conséquences soient minimes, ça c'est sûr. Il lui tendit son sac qu'elle prit d'un geste brusque. Elle allait le tuer, et sa promesse de se faire pardonner ne servait pas du tout à la calmer. À la limite, ça lui prouvait qu'elle avait affaire à un fou, mais rien d'autre. Se faire pardonner ? Quelle idée ! Elle avait déjà tout ce qu'elle voulait de toute façon. À moins qu'elle lui demande de ramper sur le sol sous l'averse. Oui, voilà une bonne idée.

« Vraiment, je vais te tuer toi ! Tu as vu l'état de mes magnifiques collants ? Ils étaient roses, tu comprends, roses ! »

Bien sûr, il n'y avait aucune explication du pourquoi elle insistait sur la couleur bonbon de ses collants surtout qu'à la base, elle était plutôt triste pour la salopette. Mais il ne faut pas chercher à comprendre, ce serait une perte de temps considérable. Elle le suivit quand même pour se mettre à l'abri. C'est vrai que la pluie tombait de plus en plus fort et elle n'avait aucune envie d'être malade, mais si cela sous-entendait une journée entière passée dans son lit avec un bon jeu vidéo. Elle se retourna alors vers l'inconnu, alias monsieur pas doué de service.

« Et puis d'ailleurs, t'es qui toi pour oser me percuter ? »

Respect pour ses aînés, zéro. Mais avec So Ra, c'était quelque chose de normal. Le problème c'est que les gens qui ne la connaissaient pas n'étaient pas censés le savoir, même si elle pensait le contraire.
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MessageSujet: Re: « L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. » [ft. So Ra]   Jeu 18 Oct - 15:07

La pluie était sans doute le leitmotiv de cette journée: elle revenait, incessante, telle un refrain. De grosses gouttes lourdes tombaient et transformaient le joli parc en pataugeoire géante. C'était décidément le bon Dieu qui avait décidé de salir les adolescentes les plus mignonnes, et Dong Soo avait été envoyé pour accomplir cette honteuse mission. Il se mordit la lèvre de n'être pas resté chez lui. D'un côté, cette espèce de bonbon géant au caractère bien trempé – en fait, bien trempée tout court – risquait de pimenter un peu sa journée, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Le brun n'était pas spécialement susceptible, les insultes glissaient sur lui – un peu comme glissa le vieux professeur qui courait, cartable sur la tête, sur cette terre gadoueuse. Il ne put retenir un petit sourire mais qu'il dissimula au plus vite, ne voulant laisser croire à la petite blonde qu'il osait se moquer de sa personne. Cette dernière était... Haute en couleur, c'est le moins qu'on puisse dire. Ses collants roses qu'il avait si méchamment salis (parce que, bien sûr, c'était son intention la plus profonde, Dong Soo raffolait de salir les collants des jeunes filles!) s'accordaient parfaitement – enfin, c'est ce que semblait penser l'arc-en-ciel ambulant – avec des bottes d'un vert fluo que le jeune homme n'avait vu portées que dans des rêves psychédéliques les plus fous. Du reste, ça changeait de la noirceur habituelle des vêtements des jeunes gens – que lui-même arborait d'ailleurs. Ce style plut à Dong Soo, ou en tout cas il apporta un peu de gaieté à cette journée sombre et pluvieuse. Non, finalement, il ne regrettait pas d'être sorti, pas plus qu'il ne regrettait d'avoir renversé cette petite blonde. Bien sûr, leur rencontre aurait pu arriver dans des circonstances moins... Violentes. Mais après tout, c'était l'occasion pour la jeune fille de révéler sa répartie à la fois explosive et innocente, alors que cette phrase qu'elle lui avait dite résonnait dans sa tête:

« Vraiment, je vais te tuer toi ! Tu as vu l'état de mes magnifiques collants ? Ils étaient roses, tu comprends, roses ! »

Vraiment Dong Soo, comment peux-tu oser ternir cette jolie couleur? Le brun rangea le petit criquet qui se faisait porte parole de la blondinette et resta bouche-bée face à l'agression d'une jeune fille qui faisait, soyons généreux, la moitié de lui. Heureusement, et je me répète, Dong Soo est un gentleman. Il n'était d'ailleurs pas du tout énervé par les accusations de la blonde; après tout, il était vrai qu'il l'avait – presque violemment – projetée au sol. C'est ça d'avoir la silhouette d'un mannequin (oh, il s'agissait là de son criquet, qui prenait sa défense à lui!). Dans un sourire, il hésita à passer sa main dans les cheveux brillants de sa victime – mais il se réfréna, ne souhaitant pas déclencher une colère encore plus ardente chez ce petit monstre. D'autant plus qu'elle ajouta avec hargne, tandis qu'ils arrivaient à l'abri:

« Et puis d'ailleurs, t'es qui toi pour oser me percuter ? »

Soo esquissa un sourire alors que les deux compagnons d'infortune se retrouvaient coincés par une masse d'étudiants qui venaient chercher refuge dans le hall de l'université. Chacun avait amené un peu d'humidité et de chaleur, ce qui embua nettement les fenêtres et remplit ce hall – pourtant assez grand – d'une odeur nauséabonde. Parapluies s'entrechoquaient et estropiaient certains tandis que chacun haussait petit à petit la voix pour se faire entendre, ce qui rendit vite la communication difficile. D'un côté, tous semblaient s'accommoder assez bien de ces conditions, comme s'ils y étaient habitués – ce qui n'était décidément pas le cas du brun. Un peu décontenancé par cet endroit, Soo ne perdit toutefois pas de vue la blondinette qui lui réservait encore, il en était sûr, bien des surprises. Cette rencontre, si elle n'arrivait pas sous les meilleures augures, lui apporta un peu de joie. Il était habitué à des gens qui étaient disons plus... Calmes. Du moins en apparence. Et moins francs aussi. Les jeunes femmes qu'il connaissait agrémentaient chacune de leur phrase de politesses que, lui, jugeait inutiles, mais qui pour elles étaient un moyen de montrer qu'elles appartenaient à une classe particulière; l'aristocratie, la noblesse – ceux qui possèdent. Il en faisait bien évidemment partie, et à un degré encore plus haut. D'une certaine manière, en le côtoyant une heure seulement, cela se remarquait. Mais cela n'était nullement intentionnel; il avait juste été habitué à avoir ce qu'il voulait quand il voulait, à tout avoir par l'argent, par le nom; bref des choses bien étrangères à la plus grande partie de la population. Bref, la blondinette symbolisait d'ores et déjà pour lui l'innocence, la candeur; deux traits bien loin de l'hypocrisie qu'il connaissait si bien. Cela lui plaisait. Il aurait eu envie de lui crier. Mais elle l'aurait pris pour un fou, si ce n'était pas déjà le cas.

Il ne l'abandonnerait pas; il l'avait décidé. Eut-il fallu la contraindre et la forcer, elle apprendrait à mieux le connaître et pourrait déverser toute sa colère sur lui; il ne dirait rien. Un sourire béat se dessina sur son visage l'espace de quelques secondes alors qu'il n'avait toujours pas répondu à l'injonction de la petite blonde. Il l'imaginait bien comme petite sœur; oui; ce genre de petite sœur complètement peste et insupportable qui réussit malgré tout à séduire tout le monde grâce à sa candeur. Il n'avait pas de plan pour nouer ce lien, si ce n'est rester avec elle le plus longtemps possible en cette journée pluvieuse. Il l'avait mise d'une bien mauvaise humeur, c'était certain. Mais c'était ce qui la rendait mignonne. Il ne lui dirait pas cela, non, elle s'énerverait assurément encore plus, et il ne le souhaitait pas. Soo n'était pas des plus futés concernant les relations humaines. Il finissait souvent par vexer son interlocuteur sans qu'il en ait eu l'intention. Comme la blondinette semblait déjà bien vexée, autant ne pas en rajouter en jetant de l'huile sur le feu.

« Qui suis-je? Votre persécuteur, pardi! ». Il assortit sa réponse d'un petit sourire qui n'avait rien de moqueur mais plutôt taquin. « Mais je vous promets de me transformer en sauveur, mademoiselle. Loin de moi l'idée de vous importuner. »

C'est avec un certain amusement qu'il se plaisait à se faire passer pour le plus charmant des princes – tout en se moquant de ce cliché qui, il en était sûr, n'était pas au goût de la blondinette. C'est sur un autre ton qu'il ajouta:

« Allez, fais pas cette tête! ». En même temps, il lui pinça délicatement la joue – déjà qu'il avait assorti ses collants 'ROSES' d'une boue salissante, si en plus il abimait sa jolie joue, alors il était décidément fichu – afin de dessiner un sourire sur cette bouille d'ange diabolique. « Et puis, pour me faire pardonner, je me salis aussi! ». Il se baissa légèrement pour prendre un peu de la boue qui avait recouvert le vert très voyant de ses bottes et l'étala négligemment sur son t-shirt. « Comme ça, on est à égalité jeune fille! ».

Soo riait d'avance de la réaction de la jeune fille qui promettait d'être pimentée. Il imaginait déjà plusieurs scènes. Elle l'aurait frappé sans qu'il ne sente rien, mais il aurait fait semblant d'avoir mal pour lui faire plaisir. Elle se serait énervée et aurait maugréé quelques mots agressifs à son encontre, ça lui aurait plu. Non, Soo n'était pas maso, il avait juste besoin d'un peu de changement – trop habitué à être caressé dans le sens du poil. Non pas qu'un monde de bisounours lui aurait déplu, mais des relations humaines fondées sur l'authenticité, ça, c'était ce qu'il souhaitait. Candide, innocente et... Authentique, ajouta-t-il à la liste de qualificatifs qu'il commençait à dresser de la blondinette qui ensoleillait sa journée. Toutefois, tout ce qu'il appréciait d'ores et déjà chez la jeune fille résidait dans le fait qu'elle semblait être imprévisible. Ainsi, il aurait pu imaginer une centaine de réactions qu'aucune n'aurait correspondu à sa réaction authentique. « Qu'est-ce qu'une jeune fille comme toi fait à l'université, ''d'abord''? », lâcha-t-il dans un sourire à destination de la petite blonde, qui était bousculée et secouée par la masse informe d'étudiants qui s'agitait toujours autour d'eux. S'il l'appréciait déjà, c'était peut-être parce qu'elle lui renvoyait l'image de ce qu'il aurait voulu connaître toute sa vie durant; quelqu'un pour lui révéler toute la beauté du monde, quelqu'un qu'il aurait pu protéger en secret – Dong Soo se croyait dans une de ces séries télévisées où le protagoniste est le reflet exact de l'homme parfait : c'est le grand frère parfait, le fils parfait, le petit ami parfait. Or, le brun était tout sauf ça. Mais, laissons le dans ses rêveries jusqu'à ce que la petite boule d'énergie qu'il avait en face de lui n'explose et le ramène à la réalité.
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Hwang So Ra
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MessageSujet: Re: « L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. » [ft. So Ra]   Ven 19 Oct - 0:01

Raaaah, quel idiot, quel imbécile ! Déjà qu'il se permettait de gâcher la sublimissime tenue que So Ra avait pris tant de temps à choisir ce matin, il osait ne pas lui répondre à la seconde où elle avait posé sa question. Sérieusement, il se prenait pour qui celui-là ? Il n'avait pas l'air de comprendre à qui il s'adressait. Les gens se battent pour avoir l'honneur de lui parler, et même dans leurs rêves les plus fous ils n'auraient pas l'honneur de l'approcher d'aussi près. Enfin, tout ça, c'est dans son jeu vidéo préféré bien sûr. Mais elle est persuadée que dans la vraie vie, le comportement des autres vis-à-vis de sa génialissime personne était exactement le même. De toute façon, il n'y aurait aucune raison que ça en soit autrement. Alors pourquoi se permettait-il de l'ignorer ? Ou alors, il était suicidaire. Il n'y avait pas vraiment d'autres explications vu qu'ils étaient maintenant arrivés dans le hall de l'université, donc à l'abri d'un des jeux préférés de la blonde : la pluie. Et toujours pas la moindre réponse. Vraiment, elle allait le tuer.

Trop de gens, beaucoup trop. C'était ce à quoi penser So Ra lorsqu'elle regardait l'endroit où l'inconnu assassin de collants roses l'avait amené. Vraiment, c'est à croire que tous les étudiants du bâtiment s'étaient donné rendez-vous ici pour une raison tout aussi bizarre que le fait que les grenouilles soient d'un vert autre que le vert fluo. Autant dire qu'ils n'avaient rien à faire ici. Ils étaient censés être en cours non. Bien sûr, de la part de la fille qui est actuellement dans un autre établissement que le sien, ça peut paraître marrant. Mais ce ne l'était pas du tout. Elle était totalement sérieuse. En fait, elle comprenait très bien ce qui se passait. Ce traître de brun – parce que oui, ne pas avoir les cheveux décolorés, c'est forcément louche ! – l'avait amenée dans un endroit rempli de gens pour qu'elle ne puisse pas le tuer. Il y a avait des témoins, beaucoup trop de témoins. Et vu sa tenue, qui était des plus banales il faut le préciser, elle ne passerait pas longtemps inaperçue.

Et en plus, il osait sourire. D'accord, il avait signé son arrêt de mort. D'ailleurs, elle était sur le coin de lui gueuler dessus, au risque de briser toute sa couverture et de laisser sous-entendre à la foule – alias les témoins du futur crime – qu'elle allait l'assassiner. Mais c'est à ce moment-là que monsieur je-suis-trop-bien-pour-répondre fit l'effort d'ouvrir sa bouche pour en faire sortir un son. Qui n'était même pas une excuse ou une quelconque phrase ayant pour but de l'aduler. Non même pas. Mais pour qui il se prenait. Autant dire que la réponse étonna So Ra. Et pour l'étonner, elle qui était pourtant une professionnelle en la matière, il fallait se lever très tôt le matin. Ne pas dormir donnerait sûrement de meilleurs résultats d'ailleurs. En tout cas, elle resta un instant sans savoir quoi répondre. Son persécuteur ? Mais il avait rêvé là ou quoi ? C'est elle qui persécutait les gens, on n'inverse pas les rôles. Et son sauveur, genre elle en avait besoin. Elle était bien assez forte pour se sauver elle-même. Sérieusement, pour qui il la prenait ?

« Vu comment t'es un gros pas doué de la vie, je serais morte avant que tu réussisses à comprendre que je suis en danger. Alors merci de ne jamais t'approcher de moi avec un ciseau ! »

Totalement logique. Le pire c'est que c'était vrai. Il y avait réellement une suite de faits sensés là-dessus. Elle mentionnait dans sa phrase simplement le premier et le dernier, ce qui empêchait toute compréhension totalement impossible, c'est tout. En tout cas, elle aurait peut-être dû dire qu'il lui était interdit de s'approcher d'elle tout court vu que quelques secondes plus tard, il lui prit la joue pour lui dessiner un sourire. Raaaah. Mais c'est quoi ce délire ? Elle détestait totalement qu'on lui fasse ça, elle rigolait, souriait, pleurait même, quand elle le voulait et seulement à moments-là. Alors de quel droit se permettait-il ce geste ? Et voilà que maintenant il touchait à ses magnifiques bottes vertes pour prendre la boue et l'étalait sur son tee-shirt. Sérieusement, toucher à ses bottes... Il avait osé...

Pause. Stop. Retour arrière. Il venait de s'étaler de la boue sur son tee-shirt tout proche. De la boue. Et en plus, avec une justification digne d'un enfant de maternel. Sérieusement, il avait un problème mental ce type. Un gros problème mental même. So Ra se mit à rire tellement la situation était drôle. Et aussi bizarre que ça puisse paraître, elle ne riait pas souvent. Mais là, elle ne pouvait pas s'en empêcher. Franchement, il sortait d'où celui-là ? En tout cas, il avait l'air plus sympa que ce leur rencontre lui avait suggéré. Elle s'arrête tout en gardant un grand sourire, un peu gamin, qui allait bien avec sa coiffure. Ne jamais sourire comme un adulte, c'est la règle d'or.

« T'es fou toi, je t'aime bien. Mais... Tu as touché mes bottes vertes ! Tu comprends vraiment rien à la vie des couleurs toi. Vert fluo ! »

Les couleurs avaient une vie, voilà qui était nouveau. Quoi que, avec So Ra, ce genre de découverte était quelque chose de banale, autant qu'il s'y habitue. D'ailleurs, c'était qui ce mec ? Un étudiant ? Alors pourquoi n'était-il pas en cours ? Bon d'accord, personne n'était en cours dans cette université, ce qui pourrait expliquer sa présence ici, et accessoirement l'état de sa tenue et le fait qu'elle était chahutée dans tous les sens. Mais bon, elle n'avait aucune envie de poser la question, ce sujet était aussi ennuyeux que de jouer à la poupée avec des barbies, parce que ça se casse pas facilement et qu'il faut les brûler. Et bien sûr, il a fallu que monsieur aborde le sujet. Franchement, c'était trop demandé à ce qu'on lise dans son esprit ? À croire que oui. Tant pis.

« Le lycée c'est pour les gamins. Alors je viens ici. Les artistes sont sympas, et puis ils savent s'habiller, pas comme toi quoi. Mais si tu veux, je pourrais te donner plein de conseils ! »

Sa tenue manquait cruellement de couleurs. Mais lui dire d'une telle manière n'était pas forcément la solution. C'était presque méchant. Le problème c'est que pour qu'elle s'en rendre compte, il aurait fallu que So Ra fasse une réelle différence entre ce qu'elle a le droit ou non de dire. Et c'est bien connu, elle dit ce qu'elle veut. Tout le problème se posait là.
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Im Tae Jun
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MessageSujet: Re: « L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. » [ft. So Ra]   Ven 19 Oct - 17:14

    Plus le temps passait, plus Soo se délectait de cette après-midi en compagnie d'un énergumène peu fréquentable mais qu'il se plaisait pourtant à fréquenter. Ses paroles auraient pu sonner insultantes pour quiconque d'autre, mais cette franchise un peu décalée amusait beaucoup le brun qui se serait fait un plaisir de la secouer à son tour. Toutefois, il préférait attendre de la connaître un peu mieux, si la chance lui était donnée, pour s'amuser de ses réactions. D'ailleurs, elle n'avait pas spécialement besoin d'une impulsion quelconque pour avoir des comportements extravagants et des paroles hallucinantes. Cette fille venait décidément d'un autre monde. Sa façon de tout assumer – et Soo ne pensait pas là qu'à son habit multicolore – différait des comportements habituels forgés par la société. Enfin, certains assumaient tout sans vergogne; leur méchanceté, leur prétention – de façon plus familière, voire vulgaire, on aurait dit qu'ils pétaient plus haut que leur cul. Non sans démontrer une certaine confiance en elle, la blondinette ne semblait pas être de ceux-là.

    « Vu comment t'es un gros pas doué de la vie, je serais morte avant que tu réussisses à comprendre que je suis en danger. Alors merci de ne jamais t'approcher de moi avec un ciseau ! »

    Il pouffa. Un gros pas doué de la vie? Bon, certes, il ne lui avait pour l'instant pas montré ses meilleurs côtés – au fond, il était quelqu'un d'attentionné et de gentil, parfois un peu lourd mais ça ne le rendait que plus attendrissant. Maladroit, oui, un peu. Autant dans ses paroles que dans ses gestes. Soo avait surtout du mal à s'adapter au genre de personne à qui il avait affaire. Il traitait par exemple une SDF comme la plus riche des femmes qu'il connaissait. ''Mais, regardez juste en face, il y a un superbe restaurant, venez, on va y manger!''. Ça se soldait souvent par des éclats de rire des passants alentour. Une naïveté réelle ou bien un désir qu'il appliquait à la réalité? Lui-même n'aurait su dire, il n'en était pas encore au point de se connaître parfaitement – ses paradoxes l'encombraient trop, il parvenait difficilement à comprendre son propre milieu, alors celui des autres, c'était trop lui en demander! Le brun se questionna quant au réel sens de la phrase de la petite blonde. D'abord, c'était faux! Il était un preux chevalier prêt à sauver chaque belle demoiselle sur son chemin – surtout les plus marrantes, comme celle-ci. Et puis, quel rapport avec des ciseaux? Pourquoi des ciseaux? Pourquoi pas un couteau? Une hache? Une scie? Ou même une tronçonneuse, celle qu'on retrouve dans les films d'horreur, déjà pleine sang, à moitié rouillée – mmh, ça la ferait encore plus souffrir! Mais, il s'égarait. Soo, le pas doué de la vie qui ne devait s'approcher, muni d'une paire de ciseaux, d'une blondinette aux bottes vertes et aux collants roses sous aucun prétexte, revint à la réalité quand il entendit la petite voix - qui parvenait à peine à masquer les bruits environnants - l'apostropher:

    « T'es fou toi, je t'aime bien. Mais... Tu as touché mes bottes vertes ! Tu comprends vraiment rien à la vie des couleurs toi. Vert fluo ! »

    Ahah! Elle l'aimait bien! Comme s'il avait souhaité entendre cela toute sa vie, il se vit entouré d'une lumière divine, célébré par le « hallelujah » du paradis. Un paradis qui avait des allures... vertes. Après tout, le vert est la couleur de l'espoir, ce qui veut dire que le vert fluo est l'espoir ++. L'espoir façon blondinette qui allait expliquer la vie au pauvre Dong Soo, pas doué de la vie. Est-ce que cela voulait dire qu'il ne comprenait rien à la vie tout court ET à la vie des couleurs? Il risquait de désespérer si l'on ajoutait les deux. Tenons-nous en à la vie des couleurs. Et puis, elle n'avait pas totalement tort, il ne connaissait décidément rien à la vie des couleurs tenues en estime par ce bonbon grandeur nature. Mais, elle l'aimait bien. Oui, elle l'aimait bien. Il eut envie de lui faire un gros câlin. De la soulever du sol et de la faire tournoyer dans les airs. Mais il ne le ferait pas pour deux raisons. Premièrement, elle le prendrait pour un vieux pervers qui poursuit les petites filles et veut les enfermer dans son coffre, les séquestrer avant de les torturer avec des ciseaux. Deuxièmement, l'espace autour d'eux était bien trop restreint pour réussir à la faire tourner dans les airs sans assommer par là même tous les étudiants autour d'eux. Quoique, c'était finalement une bonne alternative; ils seraient débarrassés de tout ce vacarme et cette masse puante. Mais Soo s'en tint malgré tout à un sourire naïf.

    « Le lycée c'est pour les gamins. Alors je viens ici. Les artistes sont sympas, et puis ils savent s'habiller, pas comme toi quoi. Mais si tu veux, je pourrais te donner plein de conseils ! »

    Une lycéenne. Oui, à y réfléchir, elle avait bien une allure de lycéenne. Elle devait avoir entre quinze et dix-sept ans. Son comportement enfantin la rapprochait plus des quatorze ans, mais elle semblait cacher du reste quelque chose de mature, du genre « je me fiche de ce que vous pensez ». Là peut-être résidait la vraie maturité. Voir le monde avec un regard usé, se fondre dans la masse; là étaient un comportement adulte, oui. Mais qui a dit que les adultes étaient matures? Qui a dit que la maturité correspondait à un comportement adapté à ce que l'on attend de vous? Un gros et vilain amalgame, selon Dong Soo. Il appréciait sa maturité enfantine à elle. Le monde sous un nouvel angle, avec un regard nouveau, pas formaté par tout un tas de choses que l'on a voulu vous inculquer dès votre plus jeune âge. Avec un sourire malicieux, il s'approcha de son oreille pour y chuchoter:

    « Mais je suis un artiste, mademoiselle! », ce à quoi il ajouta « je te joue ce que tu veux au violon, et quand tu veux! »

    Il prit un air faussement fier – parce qu'il savait qu'au fond, la musique, surtout classique, n'était pas ce qui intéressait le plus les jeunes gens. Ou même les vieux, d'ailleurs. Il aurait sans doute plus impressionné avec une guitare portée nonchalamment et, une fois sortie de son étui pour être légèrement effleurée par des doigts envoûtants, accompagnée d'une voix cassée qui aurait amoureusement chanté des paroles telles que « Let me make you fly away among the roses and the blue sky full of stars ». Ok, ça ne voulait rien dire, il venait de l'inventer sur le moment. Mais, ça aurait plu, il en était sûr. Mmh, elle était différente. Peut-être se révèlerait-elle une grande amoureuse de Vivaldi? En attendant, mieux valait ne pas l'importuner avec sa musique – il réservait cela à son chat, Simba.

    « Des conseils? Je suis preneur, je peux même devenir ta poupée si tu veux! »

    Ce après quoi il la prit par le bras pour l'emmener vers l'extérieur où la pluie s'était plus ou moins calmée, laissant un vent assez froid balayer les feuilles.

    « Je t'emmène boire un chocolat chaud? Un lait grenadine? Un café? Promis, j'ai pas de ciseaux sur moi, je suis gentil, même si je sais pas m'habiller! »

    Il agrémenta sa phrase d'un rire presque aussi enfantin qu'il imaginait être celui de la blondinette, mais fut pris d'une soudaine peur loin d'être irrationnelle: et si elle le prenait vraiment pour une espèce de violeur complètement fou qui rôde autour des universités pour finir par torturer ses proies? Vu comme son imagination avait l'air de vagabonder pour atterrir dans les endroits les plus fous, ça ne l'aurait pas étonné. C'est pourquoi il ajouta assez bêtement: « Je suis inoffensif, hein! »
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MessageSujet: Re: « L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. » [ft. So Ra]   Ven 19 Oct - 22:36

Un artiste, lui ? C'était une blague. Ça ne pouvait être autrement qu'une blague. De toute façon, il y avait un test très simple pour savoir s'il mentait ou pas. Tout artiste digne de ce nom se serait directement incliné devant la magnifique et sublime chose – parce qu'il faut rappeler qu'il n'y a aucun mot pour décrire la personne qu'est So Ra – et lui aurait fait plein de compliments sur l'assortiment de ses chaussures et de ses cheveux. Mais lui rien. C'était donc un simple imposteur. Rien d'autre. Mais franchement, quelle idée de mentir sur quelque chose d'aussi important. Elle avait beau savoir que tout le monde essayait tant bien que mal de l'impression par tous les moyens qui soient pour avoir un semblant de reconnaissance, il y en avait qui abusaient largement. Lui par exemple. Puis sérieusement, il devait la prendre pour une idiote. Ce qu'elle n'était pas. En tout cas, il devait vraiment être suicidaire. On ne prend pas la grande So Ra pour une gamine qui ne reconnaît pas un article alors que ce sont ses plus fidèles sujets.

Oh, un violoniste. Là oui, ça passait mieux. Elle n'avait jamais vraiment compris pourquoi mais les joueurs de cet instrument ancien avaient une tendance à être un peu trop monochrome à son goût. Et bien sûr, pour elle, monochrome signifie ne porter qu'une ou deux couleurs pas fluo. Des gens bizarres en tout cas. Finalement, ça ne l'étonnait même pas qu'il en fasse partie. Même si, il s'était mis de la boue sur le tee-shirt par pur choix. Il y avait peut-être quelque chose à tirer de cette pauvre poupée perdue. Puis, elle était sûre qu'avec quelques mèches bleus, un pantalon orange, et un peu de maquillage il serait totalement parfait. Et attention, quand il s'agit de perfection, So Ra est la meilleure pour ça. Et personne n'oserait en douter, puisque de toute façon, ça se voit dès qu'on l'aperçoit.

« Mais c'est génial ! J'adore le violon, même s'ils sont pas assez colorés. Tu me joueras Nyan Cat alors. Promets-le-moi ! »

Elle lui fit un grand sourire. Pourquoi il n'y avait rien d'étonnant à ce que cette gamine en particulier demande de jouer une chanson aussi futile que Nyan Cat sur un instrument réservé à la musique classique. En même temps, Nyan Cat est peut-être la seule créature sur terre qui a un goût aussi prononcé pour les couleurs fluo et qui peut se balader avec un arc-en-ciel derrière lui, un peu comme un de ses pulls d'ailleurs. Oui, finalement, c'était totalement normal qu'elle demande qu'elle chose de ce genre. Elle ne savait même pas si son interlocuteur connaissait l'existence de ce petit chat qu'elle trouvait adorablement mignon. Et puis, ce n'était pas son problème si en plus d'être pas doué il était totalement inculte. Mais So Ra est quelqu'un de vraiment gentil. Elle est même prête à lui expliquer, lui montrer à quel point il a raté toute sa vie avant de la connaître, juste parce qu'il n'avait jamais un chat créé par une bande de drogués pour des personnes comme elle qui n'ont pas besoin de substances quelconque pour trouver ça totalement délirant.

Une poupée vivante. Elle en avait rêvé pendant tant d'années et enfin elle en trouvait une et ça malgré les dires de son père qui disait que c'était totalement impossible. Bon, elle pourrait avoir un minimum de pitié pour ce pauvre garçon qui ne savait pas dans il venait de s'embarquer avec une phrase minime. Mais l'heure n'était pas aux larmes, et puis il aurait l'occasion de s'en rendre compte bien assez tôt.

« Ça tombe bien, j'ai cassé la mienne ce matin. Je pourrais te maquiller ? »

Elle avait réussi à poser cette question totalement débile avec le plus grand sérieux et naturel du monde. Mais c'était une affaire grave là. Elle l'imaginait déjà assis sur le tout petit tabouret de sa commode à devoir subir plusieurs essaies de couleurs, toute plus flashies les unes que les autres. Vraiment, c'était le bonheur ! Franchement, elle avait eu tort de vouloir le tuer. Il était totalement adorable ce petit garçon deux fois plus grand qu'elle, mais évidemment cette information rentrait dans la partie détail. En tout cas, après qu'il l'ait amené dehors, loin de la bande de témoins brailleurs et bâcheurs de cours, la proposition qu'il lui dit était presque encore mieux qu'une poupée. Presque. Mais c'est juste parce qu'elle avait froid.

« Un chocolat chaud. Avec beaucoup de chocolat. Plein de chocolat. »

Non, elle n'était pas accro. Elle avait simplement manqué sa tablette de quatre heures, ce qui était légèrement problématique. Alors puisque c'était proposé si gentiment, il ne faut pas refuser. Et puis, il n'était pas si bête finalement celui-là. Il avait presque réussi à comprendre la vie en l'espace des quelques minutes où il se trouvait avec elle. Et après, les gens venaient lui dire qu'elle n'avait rien de divin. La preuve que c'était faux.

« T'inquiète pas pour ça. Personne ne sait aussi bien s'habiller que, j'ai l'habitude. Et pourquoi tu parles de ciseaux ? »

Oui, elle avait sûrement déjà oublié. C'était assez courant chez elle, comme chez toute personne qui déballe une série de choses qui ne veulent rien dire en à peine une minute – parce qu'en réalité So Ra est bien pire que ça si on la laisse faire.

« Allez, allons-y ! Le chocolat n'attend personne ! »

Elle lui fit un grand sourire digne d'une gamine d'à peine six ans. Ben oui, le chocolat c'est sacré, elle ne pouvait pas concevoir une seule seconde qu'il l'ignorait.
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MessageSujet: Re: « L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. » [ft. So Ra]   Sam 20 Oct - 15:13

La suite ici!
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MessageSujet: Re: « L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. » [ft. So Ra]   

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